Le Sénégal s’est construit sur les deux bases de sa stabilité : une situation géostratégique exceptionnelle et une démocratie, qui depuis 1960, ne s’est jamais démentie.

Photo : Dakar, capitale d’un pays stable et ouvert.

Le Sénégal fut le premier pays d’Afrique à vivre un pluripartisme, redevenu intégral en 1981. Il est aussi le seul dont le premier président, Léopold Sédar Senghor, après vingt ans à la tête du pays, a volontairement cédé la place à son successeur, Abdou Diouf. C’était en décembre 1980. Vingt ans plus tard, Abdoulaye Wade, opposant de longue date lui succédait. En 2012, le président Macky Sall était élu à la magistrature suprême.

La longévité de ses présidents (quatre en plus d’un demi-siècle) et une alternance politique régulière ont largement contribué à la stabilité d’un pays régi par la Constitution de 2001, révisée en 2009, qui prévoit la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la république, élu pour sept ans au suffrage universel à deux tours. Il nomme un Premier ministre qui anime et coordonne l’action gouvernementale. Le Parlement est constitué d’une chambre unique, l’Assemblée nationale, composée de 120 membres élus pour un mandat de cinq ans. Le Conseil économique social et environnemental (CESE) favorise par son activité, une collaboration harmonieuse entre les différentes catégories socioprofessionnelles et les différentes communautés. Il se constitue en médiateur dans les conflits sociaux, il assure la représentation des principales activités économiques et sociales ainsi que leur participation à la politique économique sociale et environnementale de la nation.

Les 3 grands axes du plan Sénégal émergent

Dès son élection, en mars 2012, le président Macky Sall s’est engagé à mettre en oeuvre les réformes nécessaires pour accélérer la marche du Sénégal vers l’émergence et lui faire quitter, à l’horizon 2035, la cohorte de P.M.A. (pays les moins avancés) pour le cercle prometteur des pays émergents. Principal outil de cette nouvelle stratégie, le P.S.E. (Plan Sénégal Emergent) vise à intégrer toutes les politiques publiques de développement.

Ce plan comprend trois axes :

  • Transformation structurelle de l’économie et croissance ;
  • Capital humain, protection sociale et développement durable ;
  • Gouvernance, institutions, paix et sécurité.

Sa mise en oeuvre se fait en trois étapes : une première phase dite de rupture, allant de 2014 à 2017, qui sera suivie d’une phase d’accélération de 2017 à 2023 et enfin une consolidation des acquis pour atteindre l’émergence en 2035.

Le Plan Sénégal Emergent constitue le référentiel de la politique économique et sociale sur le moyen terme. Il met l’accent sur la transformation structurelle de l’économie à travers le renforcement des moteurs actuels de la croissance et le développement de nouveaux secteurs créateurs de richesses, d’emplois et d’inclusion sociale. Ce plan a été élaboré dans un « objectif de développement durable… autour des valeurs fortes que sont la solidarité et l’État de droit », il a le souci de l’amélioration du bien-être des populations à travers la protection des groupes vulnérables et l’accès aux services sociaux de base. Il veut aussi concourir au renforcement de la gouvernance, à la promotion de la paix et de la sécurité ainsi qu’à la consolidation de l’État de droit.

Le privé au cœur du P.S.E.

Élément essentiel de la réussite du Plan Sénégal Emergent : l’entreprise privée, au coeur du processus de création de richesse, en partenariat avec l’État. Pour installer l’économie sur le chemin d’une croissance forte (6,8 % en 2015), l’État privilégie les grands projets d’infrastructures – notamment de transports : routes, autoroutes, chemins de fer, aéroports – et les investissements dans des secteurs clés, comme l’agriculture ou le tourisme mais aussi l’énergie et, entre autres, le logement social. Le ministère de l’Habitat estime qu’entre dix et quinze mille logements sont à construire chaque année.

Autant de perspectives favorables à l’investissement alors que les premiers effets du PREAC (Programme de réformes pour l’amélioration de l’environnement des affaires et de la compétitivité) lancé en 2013 sont déjà sensibles sur le terrain.

Avec le PREAC, le chef de l’État entend inscrire le Sénégal dans les dix meilleures performances en Afrique en termes d’attractivité. Les résultats relevés dès 2014 sont notables, qu’il s’agisse de la simplification des démarches administratives ou de la nouvelle loi régissant les PPP (partenariats publicprivé). Progrès salués dès le classement Doing Business 2015 de la Banque Mondiale, qui propulse le Sénégal à la 156e position, avant de lui faire gagner trois places de plus au classement 2016.