Les classements mondiaux qui mesurent le climat des affaires et la compétitivité des sites de production, à commencer le Doing Business de la Banque mondiale, mais aussi Moody’s, Standard & Poor’s et beaucoup d’autres ont salué ces changements positifs en améliorant très sensiblement la position du Sénégal.

Photo : Le terminal containers du port de Dakar.

Le changement de point de vue de la Banque mondiale est intervenu dès la fin octobre 2014, lorsque le Sénégal, qui se trouvait au 171e rang de son classement Doing Busines s’est retrouvé propulsé à la 156e place. Fin octobre 2015, la nette amélioration se poursuivait puisqu’au classement 2016, le pays a encore gagné trois places en accédant à la 153e. Une ascension rarissime pour ce classement de la Banque mondiale qui reconnaît tenir désormais mieux compte des réalités du terrain en accordant plus d’attention « à l’efficacité des réglementations, pour estimer la rapidité, le coût et la simplicité d’une transaction ».

Même reconnaissance par le Forum économique mondial de Davos dont l’Indice mondial de compétitivité (Global Competitiveness Index) qui, dans son classement publié en septembre 2015, confirme la place du Sénégal dans le top 15 des pays africains les plus compétitifs et lui fait encore gagner deux places, ce qui le situe au 110e rang, en seconde position à l’échelle de la CEDEAO.

Même chose pour un indice désormais reconnu comme un des mieux adaptés aux réalités africaines, l’indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG). IIAG prend principalement en compte quatre concepts mesurant la qualité de la gouvernance, des infrastructures et des droits humains fondamentaux — accès à l’éducation, à la santé ainsi que liberté d’expression. Dans le rapport publié en octobre 2015, il citait le Sénégal parmi les cinq pays ayant connu une amélioration au cours des quatre dernières années alors que, selon lui, la situation se serait détériorée sur l’ensemble du continent.

Le Sénégal toujours dans le top 10 des meilleurs réformateurs

Les réformes engagées par le Sénégal et qui lui ont valu de figurer pour la deuxième année consécutive, au Top 10 des pays considérés comme les plus réformateurs du monde pour la Banque mondiale, car ils ont mis en place au moins trois réformes phares, se poursuivant, les résultats iront s’améliorant. Il apparaît déjà que certaines réformes n’ont pu être prises en compte par le classement publié fin 2015, ainsi les tarifs des notaires, ou les plateformes automatisées comme seninfogreffe.com Autant d’acquis pour le prochain classement.

Parmi les améliorations notables, celles qui touchent au commerce extérieur. Elles permettent au Sénégal d’afficher des résultats parfois bien meilleurs que ceux relevés dans l’OCDE et sont essentiellement imputables à l’achèvement du processus de dématérialisation de la procédure de dédouanement, avec l’entrée en vigueur, en février 2012, de la télé procédure de dédouanement appelée « Gaindé intégral ». Celle-ci permet ainsi aux opérateurs privés de faire leurs démarches administratives d’import- export à partir de leurs lieux de travail.

Des réformes très remarquées

Les réformes réalisées par le Sénégal ont été saluées par la Banque mondiale.

Domaines à l’honneur :

  • Adoption du nouveau Code des Impôts, en 2012, et du nouveau Code des Douanes, en 2014.
  • Le raccordement de l’électricité (gain de 10 places).
  • Les transferts de propriété (gain de 18 places).
  • La création d’entreprise – maintien la performance parmi les 100 premiers (gain de 6 places).
  • La fermeture des entreprises (gain de 8 places).

Pour répondre aux grands objectifs du P.S.E., le plan Sénégal émergent, à savoir porter le taux de croissance à 7 % dès 2017 et diversifier l’économie, le gouvernement mise sur la densification du tissu productif par l’instauration d’un climat des affaires propice aux investissements privés nationaux et étrangers. Il a donc, avec l’assistance du groupe de la Banque mondiale, adopté une feuille de route dont la mise en oeuvre est suivie au plus haut niveau. Une trentaine de réformes et de mesures d’amélioration du climat des affaires et de compétitivité ont été réalisées entre décembre 2012 et août 2014 pour permettre au Sénégal de profiter à la fois des dynamiques de délocalisation et du potentiel que représentent les 300 millions d’habitants du marché commun de la CEDEAO. Autant d’éléments qui doivent hisser le Sénégal au rang de grand pays manufacturier en Afrique.

L’environnement juridique et fiscal a ainsi été assaini et harmonisé, grâce à l’adoption d’un nouveau Code des impôts en 2012 et d’un Code des douanes en 2013, ainsi que par la rénovation du Code des procédures civiles. Le rythme des réformes s’est également accéléré dans les domaines de la justice commerciale, de la législation du travail et des P.P.P. (partenariats public-privé), en plus de la simplification et de l’automatisation des procédures liées à l’investissement et au commerce. Toutes les réformes du cadre législatif et réglementaire des affaires seront finalisées d’ici la fin 2015, avec la révision du code des mines et des actes uniformes de l’OHADA. D’autres suivront, toujours à un rythme soutenu.