Comparé aux gros producteurs — actuels et potentiels — du continent africain, tels que la Guinée, le mozambique ou la république démocratique du congo, le Sénégal a longtemps été considéré comme démuni de ressources naturelles. ces temps semblent être révolus.

Photo : De nouvelles ressources sont encore venues renforcer le potentiel minier du pays.

D’importants gisements à très fort potentiel ont, depuis peu, rejoint les exploitations traditionnelles comme les phosphates et les calcaires, deux productions qui, depuis les années 1980, représentent d’importantes ressources minières et de devises. Parmi les richesses nouvellement entrées en production ou sur le point de l’être : les métaux lourds et l’or ; tandis que le fer, n’attend qu’un retour de la hausse des cours pour entrer en production.

Phosphates, la principale ressource minière

Le Sénégal figure au top 15 des producteurs mondiaux de phosphate. L’épuisement des premiers gisements a stimulé des activités de recherche qui ont permis de faire d’importantes découvertes, notamment dans le département de Tivaouane (gisement de Piré Goureye) où les ressources sont estimées à 19 millions de tonnes. Une part importante des phosphates du Sénégal est transformée sur place en acide phosphorique et en engrais solides, produits ensuite exportés, notamment vers l’Inde. La demande mondiale croissante d’engrais offre de belles perspectives aux exportations de phosphates marchands qui ont progressé de 80 % en 2014.

Le calcaire soutenu par le dynamisme du BTP

Les plus grosses carrières de calcaire exploitées au Sénégal sont près de Dakar (gisements de Bargny et de Pout). Les ressources, utilisées localement pour produire ciments et granulats apparaissent significatives même s’il est difficile d’en fournir une estimation. Le calcaire, utilisé pour la production de ciment et de granulats, est de plus en plus demandé. Il l’est localement, pour répondre aux besoins croissants du BTP, et dans toute la sous-région, pour les mêmes raisons, ce qui a permis aux exportations de progresser de 19 %.

Zircon et ilménite, ressources d’avenir

On savait depuis longtemps le Sénégal riche en métaux lourds, il a fallu attendre 2014 pour que le pays entre dans le club fermé des pays producteurs de zircon et d’ilménite. Ses gisements sont pourtant de niveau mondial, ainsi, celui de Grande Côte exploité depuis 2014 représente la troisième plus grande réserve de zircon et d’ilménite au monde. Le français Eramet et l’australien Mineral Deposits y ont réalisé un des plus gros investissements du pays. La production annuelle de la mine est estimée à 85 000 tonnes de zircon — ce qui devrait représenter 7 % de la production mondiale — et 575000 tonnes d’ilménite sur une durée d’au moins vingt ans. D’autres réserves ont été trouvées en Casamance et pourraient être prochainement exploitées.

L’or, une exploitation récente avec un fort potentiel

Mise à jour plus récemment, l’exploitation industrielle des ressources en or du Sénégal ne date que de 2009. Aujourd’hui, le Sénégal figure parmi les pays producteurs d’or émergents en Afrique de l’Ouest, aux côtés du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Ghana, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire et de la Mauritanie. Avec 10 tonnes d’or exportées en 2014 (dont 6,4T pour la mine de Sabodala, exploitée par la société canadienne Teranga Gold), le métal précieux est devenu la première source minérale de revenus à l’exportation du Sénégal. Les perspectives de développement de la filière sont au beau fixe. Les activités d’exploration sont dynamiques et Teranga Gold, qui exploite la seule mine industrielle du pays travaille sur de nouveaux projets de croissance.

Le fer, un potentiel prêt à être exploité

Le Sénégal serait disposé, dès que les cours repartiront à la hausse à exploiter les importants gisements de fer de Falémé dans le sudest du pays, dont les réserves sont estimées à 750 millions de tonnes, avec une capacité d’extraction annuelle comprise entre 12 et 15 millions de tonnes de minerai. À moyen et long terme, la mine constitue pour le Sénégal un actif central. Le coût total des interventions requises a été estimé à 2,2 milliards de dollars, incluant la construction d’un port minéralier au sud de Dakar ainsi qu’une voie de chemin de fer d’environ 750 kilomètres pour relier le site à Dakar. Les récents exemples réussis de partenariat public- privé (PPP) telle la construction et l’exploitation de l’autoroute de l’Espoir, élargit la palette des financements envisageables pour un projet dont la rentabilité économique s’appuie sur le dynamisme d’un pays stable et à la croissance saine.


Nous ambitionnons de contribuer à accroître la compétitivité du secteur minier sénégalais.

Créée le 5 juin 2013, la Chambre des Mines du Sénégal (CMDS) est une association à but non lucratif regroupant actuellement une trentaine de membres intervenant dans les domaines de l’exploration et de l’exploitation minière au Sénégal.

La Chambre a pour objet d’encourager, de promouvoir et de protéger les investissements miniers au Sénégal tout en développant une bonne éthique professionnelle des affaires dans le secteur minier.

Elle a également pour mandat de défendre les intérêts communs de ses membres, de communiquer et d’échanger en leur nom sur les questions relatives à l’industrie minière avec toutes les parties prenantes.

Plateforme de discussion et de partage d’information, la chambre constitue également un cadre d’harmonisation des points de vue de ses membres dans le but de por ter leur voix auprès des autorités.

Les activités sont principalement centrées autour de :

  • l’animation de plateaux de discussion sur des thématiques telles que la législation minière, la fiscalité, la protection de l’environnement, les contributions économiques en relation avec l’administration des mines, de l’environnement et des finances.
  • la mise en oeuvre d’un plan d’action de formation/communication pour sensibiliser les acteurs sur les implications des différentes phases du cycle d’exploitation.

Doro Diagne,
Secrétaire Général, CMDS.