Avec une façade maritime de 718 kilomètres, une zone économique exclusive (zee) de 200 milles marins et une biodiversité halieutique particulièrement riche, le Sénégal possède des atouts naturels évidents pour la pêche.

Photo : La pêche, un secteur essentiel pour la vie économique et sociale du pays.

Le secteur de la pêche joue un rôle clé dans la société et l’économie nationale par la diversité et l’importance de sa contribution aux indicateurs macro-économiques et sociaux tels que le PIB, la balance commerciale, l’emploi, la sécurité alimentaire. L’essentiel de l’activité et des produits débarqués concerne la pêche maritime (95 %) par opposition à la pêche continentale, dans les fleuves, estuaires ou lacs.

Une grande diversité biologique

La zone maritime sénégalaise se caractérise par une grande diversité biologique. Les ressources exploitées comprennent deux grands groupes : elles peuvent être pélagiques, c’est-à-dire vivant dans les eaux proches de la surface ou entre la surface et le fond, comme le hareng, la sardine, l’anchois, le maquereau, le thon… Ces ressources peuvent aussi être démersales, elles vivent alors près du fond, d’où elles tirent leur nourriture. Parmi elles on trouve la dorade, le merlu, le merlan, la morue… Par ailleurs, le climat relativement chaud et ensoleillé qui règne sur toute la frange littorale est très favorable au développement d’une flore algale marine variée.

Les ressources pélagiques côtières constituent plus de 70 % des prises réalisées dans la ZEE sénégalaise ainsi que l’essentiel des captures de la pêche artisanale. Ces ressources représentent également la part la plus importante de la consommation annuelle en poisson des populations sénégalaises avec notamment les sardinelles. La sardinelle ronde assure 35 % de la consommation locale de poisson quand la sardinelle plate en fait 25 %. Elles subissent aussi l’essentiel de l’effort de pêche local. Les dernières évaluations scientifiques du COPACE/FAO effectuées au niveau sous régional, ont permis de constater un état de surexploitation pour les sardinelles et recommandé de réduire l’effort de pêche total dans les pêcheries de sardinelles de 50 %.

Les ressources pélagiques hauturières comprennent principalement les trois espèces de thons tropicaux que sont l’albacore, le listao et le patudo. Ce sont des espèces migratrices qui font l’objet d’une pêche internationale à long rayon d’action, la plupart du temps en dehors des zones économiques exclusives (ZEE) des pays. Elles sont aussi très exploitées, voire surexploitées dans certaines zones.

Quand les ressources démersales profondes sont essentiellement constituées de crevettes (gambas) et de poissons (merlus, rascasses, requins chagrins, baudroies et langouste rose), les ressources démersales côtières sont composées principalement de crustacés (crevettes côtières, langoustes, crabes), de poissons dits nobles (soles, rouget, capitaines, mérous, dorades) et de céphalopodes (poulpe, seiche, calmar). Ses principales espèces sont dans une situation de surexploitation. La recommandation faite par la communauté scientifique sous l’égide de la FAO dans le cadre du COPACE, est de réduire de façon significative l’effort de pêche des flottilles ciblant ces espèces surexploitées.

À suivre, les algues. Des études montrent que la flore algale sénégalaise compte près de 260 espèces d’algues marines. Trois espèces forment environ 80 % d’une bio-masse instantanée pouvant atteindre 500 tonnes/jour. Il s’agit des variétés Ulva lactuca, Hypnea musciformis et Hypnea cervicornis.

Pêche artisanale et pêche industrielle

Entre 10 000 et 11 000 pirogues, dont près de la moitié se concentrent dans la région de Thiès, assurent 89 % de la production nationale débarquée, soit dans les 380000 tonnes. Cette pêche artisanale est le fait de plus de 58 000 pêcheurs. Elle assure non seulement l’approvisionnement du marché national, mais elle fournit aussi une quantité très importante de produits frais aux ateliers et usines de transformation tournés vers l’exportation.

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La pêche industrielle est le fait d’une flotte nationale (98 navires) et étrangère (une trentaine de navires, opérant essentiellement sur autorisations exceptionnelles). Ses captures globales avoisinent les 119000 tonnes, dont quelque 60000 tonnes sont débarquées sur le territoire national.

La cueillette des algues au Sénégal est surtout pratiquée par les femmes. La production est principalement exportée sous forme brute ou utilisée dans des domaines tels que : l’alimentation, l’agriculture, l’agro-industrie, la médecine, la cosmétique, la pharmacie, la pharmacopée…

Transformation industrielle pour l’export

La transformation des produits de la pêche est un segment important de la filière, par la valeur ajoutée créée, les emplois générés, sa contribution à l’alimentation des populations de l’intérieur ainsi que son poids dans les exportations. Elle se pratique de façon artisanale et industrielle.

  • La transformation artisanale concerne une moyenne de 45 000 tonnes. Étant traditionnellement l’apanage des femmes, elle a toujours rempli une fonction sociale très importante.
  • La transformation industrielle est essentiellement destinée à l’exportation de produits traités et présentés sous diverses formes : entier frais, frais élaboré, congelés, conserves, transformés.

L’essentiel des établissements à terre est constitué par des unités de transformation de produits frais et congelé (51 %) et les ateliers de mareyage de poissons frais entiers (34 %). Le reste des établissements est constitué par les unités de production de farine de poisson (7 %), les unités de production de poissons salés séchés (3 %), les conserveries (3 %) et les entrepôts frigorifiques (2 %).

Les promesses de l’aquaculture

La raréfaction des variétés maritimes les plus demandées a favorisé l’introduction d’espèces provenant de l’aquaculture (ormeau, tilapia, silure…) qui répond à une demande croissante, tant locale que pour l’exportation. Les conditions éco-géographiques au Sénégal sont favorables à l’aquaculture et offrent des rendements à grande échelle. Les eaux, marines et douces, sont indemnes de pollution et abondantes, certaines caractéristiques idéales, comme la température, favorisent des croissances rapides.

Six zones éco-géographiques propices à l’aquaculture ont été mises à jour, offrant d’importantes possibilités. Outre les plus de 700 kilomètres de côtes atlantiques on y retrouve les embouchures de fleuves et les tracés des trois grands fleuves du pays (Sénégal, 1 700 km; Gambie, 750 km; Casamance, 300 km), le lac de Guiers (280 km2).

Autres lieux propices, les bassins de rétention avec une place particulière pour les estuaires du Sine-Saloum ainsi que la Basse et Moyenne Casamance qui recèlent certaines espèces cibles à l’état sauvage et offrent les conditions optimales pour l’élevage.

Les opportunités d’investissements

  • La production d’alevins et grossissement.
  • La production et commercialisation d’espèces comme le tilapia (pour élevage intensif : Saint-Louis, dans les vallées inondables notamment, et sur la Petite Côte), le tilapia du Nil et la crevette tigrée (pour élevage intensif ou semi-intensif dans les régions du Sine Saloum et de la Casamance).

Dakar fait désormais partie des capitales africaines les plus attractives et les plus performantes en matière d’investissements de productivité et de compétitivité, tant pour les entreprises nationales qu’étrangères.

En quoi la place de Dakar est-elle aujourd’hui un centre d’affaires incontournable sur le continent ?

Le Sénégal, en particulier la région de Dakar, devient de plus en plus important du point de vue économique. En effet, le développement et la modernisation des infrastructures offrent des opportunités très intéressantes aux entreprises étrangères. Aujourd’hui Dakar bénéficie d’un port performant et dynamique pour le trafic maritime, avec la mise en oeuvre de programmes sectoriels et structurels dans le domaine maritime qui comprend, entre autres, la réhabilitation du wharf pétrolier, l’approfondissement du chenal d’Accès, le terminal fruitier; le programme Port du Futur devant aboutir à la construction d’un nouveau terminal d’une capacité de 1,5 million de boîtes EVP (Équivalent Vingt Pieds).

La capitale du Sénégal dispose aujourd’hui d’un aéroport international, classé 1er dans l’espace UEMOA et, avec la construction du nouvel aéroport Blaise Diagne à Diass (40 kilomètres de Dakar) le volume du transport aérien sera certainement doublé car désormais tous les types d’avions pourront y atterrir, notamment l’Airbus A 380.

Je fais remarquer, concernant le climat juridique des affaires, que la stabilité politique du pays et le nouveau dispositif juridique dont il dispose, et qui prend en compte les réalités nouvelles du monde des affaires, constituent des piliers au bon développement des affaires. À la suite d’une série de réformes visant à améliorer le climat d’investissement, le Sénégal a amélioré son environnement des affaires, l’accès aux services financiers et non financiers, la qualité du service de l’administration, notamment avec la mise en place par le gouvernement du PREAC, 2013-2015 (programme de Réformes de l’Environnement des Affaires et de la Compétitivité). Tous ces facteurs font que Dakar fait désormais partie des capitales africaines les plus attractives et les plus performantes en matière d’investissements de productivité et de compétitivité des entreprises nationales et étrangères.

Le fait d’être en Afrique francophone ne coupe-t-il pas des investissements anglo-saxons ?

La barrière linguistique dont se prévalaient jadis les entreprises et les hommes d’affaires anglo-saxons, comme un potentiel frein à leur investissement dans les pays francophones, n’est plus de mise. Le monde est aujourd’hui un village planétaire avec le brassage des cultures occidentales et africaines. La langue anglaise est devenue une langue de travail fondamentale, qu’aujourd’hui tout le monde, pratiquement, apprend.

Vous constaterez que les plus gros investissements réalisés au Sénégal ces cinq dernières années, ont été l’oeuvre d’investisseurs du monde anglo-saxon. C’est ainsi, par exemple, que la société Dangote Cement a investi plus de 300 milliards de francs CFA dans l’exploitation et la commercialisation du ciment.

Autrement dit, la barrière linguistique s’est estompée au fil du temps et a laissé place aux soucis pour les investisseurs anglo-saxons de sécuriser leur investissement dans les domaines juridiques et de la compétitivité. Même si, il faut reconnaître, les pays africains ayant enregistré le plus fort taux de croissance économique demeurent les pays anglo-saxons. À ceci ajoutons que la Chine et le rapport à la langue chinoise ont fait sauter les barrières linguistiques.

Quels conseils donneriez-vous à des investisseurs potentiels ?

Je confirme tout d’abord aux investisseurs que le Sénégal, en particulier sa capitale, Dakar, offre aujourd’hui des opportunités très importantes en matière d’affaires. Les domaines qui attirent le plus d’investisseurs sont entre autres: la promotion immobilière (avec la construction de la nouvelle ville de Diamniadio) et les NTIC, le Sénégal fait aujourd’hui partie des pays les plus avancés en Afrique dans les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Le domaine des transports routier et ferroviaire offre aussi de réelles opportunités, de même que l’industrie agroalimentaire ainsi que l’agriculture et dans, le domaine du commerce, les Dakarois commencent à prendre goût des grandes surfaces. Bref investir au Sénégal aujourd’hui constitue une opportunité majeure, due à la stabilité du pays et à la sécurisation des affaires par l’adoption d’un arsenal juridique approprié, de même que la volonté affichée par les autorités à faire du Sénégal un pays émergent. Autant de facteurs éminemment favorables à l’investissement. Le développement des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires ainsi que la découverte du pétrole constituent un atout considérable. Le seul handicap qui ralentit le développement est le secteur aérien. Une législation de l’UEMOA et la réforme de l’ASECNA s’imposent pour faciliter la mobilité sous régionale et supprimer les nombreuses taxes qui créent des surcoûts au niveau du tarif des billets d’avion et leur rotation.La transformation et la conservation des produits agricoles constituent un secteur à exploiter et développer.


Maître Moustapha Ndoye
Avocat à la cour de Dakar.